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Les interrogations de la filière automobile

Les interrogations de la filière automobile

Actualités marché
Mercredi, 27 novembre 2019
photo voiture

Dans le cadre de la conférence du Club Argus « Crise du diesel, nouvelles réglementations : quels impacts sur le marché en 2020 » qui s’est tenue le 26 novembre à l’Arpège Trocadéro, des constructeurs, des concessionnaires et des spécialistes du marché automobile ont débattu de l’avenir de la filière face aux nouvelles réglementations et dispositifs législatifs qui rentreront en vigueur en 2020 et 2021. 

 

Un environnement de plus en plus contraint

 

Parmi la série d’interventions programmées, s’est tenue une table ronde dédiée au mix énergétique et au marché du VN en la présence de Guillaume Boisseau, directeur général de Nissan West Europe, Stéphane Magnin, directeur général de Suzuki France et Régis Masera, directeur du consulting d’Arval France ainsi que Nicolas Carron, expert valorisation du groupe Argus.

Pour introduire cet après-midi débat, Damien Adam, rapporteur de la LOM et député (LREM) spécialiste des transports et de la mobilité à l’Assemblée nationale, a échangé avec l’audience, au cours d’une session de questions-réponses, autour de plusieurs thèmes parmi lesquels :

  • un nouveau barème de malus écologique plus sévère

L’année 2020 promet de grands chambardements pour le secteur automobile. Celle-ci débutera avec la mise en place d’un nouveau barème de malus écologique à partir du 1er janvier 2020, applicable à l’ensemble des conducteurs faisant l’acquisition d’un véhicule neuf et considéré comme polluant, en fonction de ses taux d’émission de CO2. Ce nouveau barème, est particulièrement sévère puisque son seuil de déclenchement se trouve abaissé de 117 grammes de CO2 / km en 2019 à 110g / km en 2020.

  • la grille de malus WLTP

Initialement prévue pour juillet 2020, le gouvernement a annoncé sa volonté d’appliquer dès le 1er mars 2020 une seconde grille de malus fondée sur les chiffres du nouveau cycle d’homologation WLTP. C'est ce que prévoit aujourd'hui le projet de loi de finances 2020, sous réserve de l'adoption définitive de cette loi dans les derniers jours de 2019. De fait, la double grille de malus fait craindre un début d’année complexe pour les acteurs du secteur automobile, les consommateurs risquant de s’interroger sur la meilleure période pour acheter un véhicule, afin d’espérer minimiser la facture liée au malus.

  • l’entrée en vigueur de la norme CAFE (Corporate Average Fuel Economy)

Préoccupation majeure des constructeurs, l’entrée en vigueur de la norme CAFE en 2021, leur impose un seuil moyen de CO2 à ne pas dépasser ; et dont la base de calcul s’effectue sur les ventes de l’ensemble de leur gamme. En cas de dépassement du plafond fixé à 95 g / km, les constructeurs qui ne se conformeraient pas à ce seuil s’exposeraient à de lourdes amendes.

  • la loi d'orientation des mobilités (LOM)

Le 19 novembre 2019, l'Assemblée nationale a définitivement adopté le projet de loi d'orientation des mobilités. Celui-ci prévoit entre autres, la fin des véhicules thermiques en 2040, le déploiement renforcé du véhicule électrique et l’extension des Zones à faible émission (ZFE). Dans ce dernier cas, les véhicules les plus polluants (catégorie 4 et 5 selon les vignettes Crit’air) seront interdits à la circulation à certaines heures.

 

Des constructeurs en ordre de marche

 

Dans un tel contexte, les spécialistes du secteur s’interrogent. Même si les constructeurs travaillent à structurer une offre électrique séduisante et concourent à étoffer leur gamme, qu’en est-il de la demande ? Quel sera le comportement des consommateurs (ménages et entreprises), après plusieurs années de diesel bashing et le retour en grâce de l’essence.

Selon les projections économiques, le véhicule électrique pourrait atteindre 10% des parts de marché en 2022 en France, contre 2% aujourd’hui. Mais de nombreuses questions subsistent chez les consommateurs. Comme l’atteste le baromètre Argus Energies 2019, réalisé sur un panel de 2 000 personnes, les intentions d’achat en faveur de l’essence décroissent, alors que le diesel bénéficie d’un regain d’attrait et que l’électrique fait du surplace.

Si aujourd’hui les pouvoirs publics incitent au développement massif de l’électrique et mettent en place des moyens coercitifs pour influer sur la production des constructeurs, il n’en demeure pas moins que les conducteurs ne sont peut-être pas tous prêts à ce basculement.

D’après ce même baromètre Argus Energies présenté par Pierre Nordmann, responsable données et valeurs résiduelles du groupe Argus, les principaux freins à l’électrique demeurent (par ordre d’importance) :

  1. L’autonomie limitée des véhicules électriques

  2. Les contraintes de chargement

  3. Une offre électrique onéreuse ou peu adaptée

  4. Un scepticisme quant à dimension écologique de ces véhicules

  5. Le manque d’offre en électrique pour certains modèles

  6. Le manque de fiabilité et de performance

  7. Une technologie peu maîtrisée.

 

Bien que ces réticences soient persistantes, elles pourront être amenées à évoluer à moyen et long terme. Mais ces premières conclusions posent questions quant à l’offre existante vs. la demande. Car les constructeurs automobiles mondiaux ont consacré des sommes colossales pour le développement de l’électrique, mais les premiers chiffres de vente peinent à décoller.