ingénieur hydrogène

L’hydrogène en questions

Transition énergétique 15 Sep 2021 , par
La rédaction

Tous les spécialistes le reconnaissent : l’hydrogène jouera un rôle dans la mobilité de demain. L’hydrogène est particulièrement énergétique : un seul kilogramme libère environ trois fois plus d’énergie qu’un kilogramme d’essence. Même si tous les obstacles à son développement ne sont pas levés, notamment une origine encore fossile à 95 %, l’écosystème de l’hydrogène se construit à un rythme soutenu dans un certain nombre de grands pays. La fin annoncée et programmée du moteur thermique rend urgent le développement de véhicules zéro émission.

 

Toutefois, en ce qui l’alternative de l’énergie électrique, les batteries ne peuvent pas tout faire. Elles ne sont pas assez performantes et demeurent trop lourdes pour de grands véhicules de type utilitaires, gros SUV et les camions. L’hydrogène apparaît alors comme l’alternative la plus évidente, d’autant qu’elle cumule une grande autonomie (600 à 1 000 km) et un temps de remplissage quasiment aussi bref que pour les véhicules thermiques.

 

Voici quelques-unes des questions qui reviennent le plus souvent quand on parle d’hydrogène, mises à part celles sur les différentes couleurs de l’hydrogène.

 

Quels sont les pays les plus avancés ?

 

Si le Japon a joué un rôle de pionnier dans l’hydrogène, c’est la Chine qui a vraiment enclenché le mouvement depuis deux ans. La Corée du Sud a également beaucoup d’ambition et considère que cette forme d’énergie peut favoriser sa croissance.

 

Le gouvernement japonais a voté un plan énergie de 70 milliards de yens (54 milliards d’euros), dont 30 (23 milliards d’euros) pour financer les aides à l’achat et la construction de stations. L’objectif est de déployer 200 000 véhicules en 2025 et d’avoir 320 stations.

 

Après avoir imposé au monde l’électrification, Pékin donne aussi le « la » en matière d’hydrogène. Selon les prévisions chinoises, plus de 2 millions de véhicules à pile à combustible devraient être en circulation en Chine en 2030 ; en parallèle, 20 000 stations à hydrogène seront nécessaires dans le pays à cet horizon. La course à la création d’électrolyseurs permettant de produire de l’hydrogène vert est lancée dans ce pays, avec plus de 90 projets.

 

La Corée du Sud a présenté le 30 octobre 2020 un plan directeur pour accélérer l’adoption des véhicules électriques et ceux à pile à combustible à hydrogène. S’agissant de la mobilité hydrogène, le pays vise 1 million de véhicules H2 en 2030 et trois fois plus en 2040. Le pays a en fait pour ambition de fabriquer 6,2 millions de véhicules à hydrogène au total d’ici cette date, dont 3,3 millions pour l’exportation, et de devenir ainsi le premier producteur de véhicules « verts ». L’objectif est également d’installer 1 200 stations de distribution d’hydrogène en Corée du Sud d’ici à 2040.

 

La France est-elle bien placée ?

 

Dans un pays où la filière électrique a toujours été privilégiée, l’hydrogène a longtemps été écarté. Mais, ce secteur est désormais pris en compte à sa juste valeur. Le plan Hulot de 2018 prévoyait que la part de l’hydrogène décarboné serait de 10 % dans le domaine industriel d’ici à 2023 (entre 20 à 40 % d’ici 2028). Il tablait aussi sur 400 à 1000 stations à l’horizon 2028.  Le plan de relance post-Covid prévoit de consacrer 30 milliards d’euros pour la transition écologique, dont 7,2 milliards pour l’hydrogène. Les collectivités jouent  un rôle très important dans cet essor, tout comme les régions, avec des plans ambitieux (150 millions sur 10 ans pour l’Occitanie, 100 millions pour les Pays-de-la-Loire et 90 millions pour la Bourgogne-Franche-Comté).

 

Quels seront les marchés prioritaires ?

 

Alors que les plans initiaux concernaient plutôt l’automobile, on devrait finalement voir plus rapidement des bus et des camions à hydrogène dans les rues. En France, plusieurs villes pionnières ont déjà déployé des premiers bus H2(Artois-Gohelle, Pau, Versailles, Le Mans) ou vont le faire (Auxerre, Chambéry, Châteauroux, Créteil, Dijon, Lyon, Montpellier, Rouen…), avec une centaine de véhicules en circulation. L’Ugap va proposer aux collectivités partenaires de fonctionner en co-prescription sur les bus hydrogène, c’est-à-dire de bâtir ensemble des offres sur ces véhicules.

 

Des projets sont aussi en cours en Europe pour les camions. Une coalition de 62 partenaires veut accélérer l’utilisation de l’hydrogène dans la mobilité lourde. Elle regroupe des constructeurs (Daimler, CNH/Iveco, Hyundai…), des fournisseurs (Ballard, Symbio, Faurecia…), des spécialistes de l’infrastructure (Air Liquide, Engie, McPhy, Nel, ...), des flottes (Asko, DB Schenker…) et des associations. Objectif : déployer 100 000 camions H2 et 1 500 stations en 2030.

 

Et l’automobile ?

 

Hyundai et Toyota sont les deux principaux constructeurs à proposer des véhicules de série Nexo chez Hyundai, Mirai chez Toyota). L’offre devrait s’étoffer progressivement, sachant que la technologie ne sera vraiment abordable que vers 2030. Toyota met les bouchées doubles. La marque augmente actuellement ses capacités de production pour être capable de livrer 30 000 véhicules à pile à combustible par an, soit dix fois plus qu'actuellement. GM ou Mercedes misent avant tout sur les camions, avant peut-être un jour d’aborder la voiture.

 

Quant aux constructeurs français, Stellantis et Renault, ils ont décidé de proposer des modèles à hydrogène, en visant dans un premier temps le segment des utilitaires. Stellantis fait confiance à la technologie française, en retenant Symbio pour les piles à combustible et Faurecia pour les réservoirs. Quant à Renault, il a noué une alliance avec Plugpower, un fabricant américain de piles à combustible, pour créer en France une coentreprise.

 

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