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Mis en place fin 2023, l’éco-score automobile est attribué aux véhicules particuliers 100 % électriques qui répondent à un ensemble de critères environnementaux définis par l’ADEME. Il évalue l’empreinte carbone liée à la fabrication du véhicule, en tenant compte du lieu d’assemblage, des matériaux utilisés, du contenu et de l’origine de la batterie, ainsi que du transport entre le lieu de production et la commercialisation.
Ce score n’est pas un simple indicateur : il est désormais un critère décisif dans l’attribution de certaines aides (dont les CEE) et dans la modulation des dispositifs fiscaux tels que les avantages en nature des véhicules de fonction réformés début 2025.
Résultat : en l’espace de deux ans, l’éco-score a profondément réorienté les politiques automobiles des entreprises. Dans quelle mesure ? Voici les principaux enseignements chiffrés.
Une montée en puissance dans les car policies(1)
Encore prudentes sur l’électrification en 2024, les flottes d’entreprise ont nettement accéléré la cadence en 2025. Plusieurs facteurs convergent : montée en maturité sur l’électrique, structuration progressive de la conduite du changement dans les entreprises, mais aussi renforcement des contraintes réglementaires et fiscales.
Ainsi, les chiffres le confirment : la part de marché des véhicules particuliers 100 % électriques a atteint 23,8 % des immatriculations en 2025, avec une part des véhicules éco-scorés à 67,4 % des mises à la route électriques contre 50,7 % pour l’année 2024.
| Part des véhicules éco-scorés sur les immatriculations de VE(2) |
|
| 2024 | 2025 |
| 50,7 % | 67,4 % |
L’évolution mois par mois montre une dynamique très nette. En janvier 2024, seuls 31,2 % des véhicules électriques immatriculés par les entreprises étaient éco-scorés. Au plus haut, en novembre 2025, cette part atteint 78,2 %.
Par ailleurs, les volumes de véhicules éligibles à l’éco-score progressent fortement : 35 239 BEV éco-scorés en 2024 contre 72 160 en 2025, soit un peu plus du double sur un an. Les car policies(1) basculent donc progressivement vers un mix électrique où les modèles éco-scorés sont la norme.
La réforme des Avantages En Nature et la TAI(3), puissants accélérateurs
Les évolutions fiscales de 2025 ont joué un rôle essentiel dans cette transition, garantissant « une préférence européenne » aux constructeurs automobiles.
Pour mémoire, la réforme des Avantages En Nature (AEN), entrée en vigueur au 1er février 2025, autorise un abattement fiscal de 70 % dans la limite de 4 582 € aux seuls véhicules électriques éligibles au label environnemental. Cette distinction a immédiatement renforcé l’attractivité des modèles éco-scorés pour les entreprises et leurs collaborateurs.
De même, dans le cadre de la Taxe Annuelle Incitative (TAI) au verdissement des flottes, la loi distingue désormais les véhicules à très faibles émissions (VTE - électriques ou hydrogène) et les véhicules à faible empreinte carbone (VEC - uniquement ceux éligibles à l’éco-score). Ces derniers bénéficient d’un taux de majoration favorable dans le calcul de la taxe, pour renforcer d’autant leur avantage économique.
Ces mesures rendent clairement plus compétitifs les modèles 100 % électriques produits en Europe en termes de TCO(4).
Un choix également porté par la RSE et l’image de marque
Au-delà des considérations économiques et réglementaires, le choix d’intégrer des véhicules éco-scorés dans les car policies(1) relève aussi de la stratégie RSE. Réduction mesurable de l’empreinte carbone de la flotte, cohérence avec les objectifs de décarbonation, renforcement de l’image employeur auprès des collaborateurs et des parties prenantes : pour de nombreuses entreprises, privilégier des véhicules électriques éco-scorés est désormais un élément de communication autant qu’un levier environnemental.
Les néo-constructeurs chinois veulent produire en Europe
Face à ce changement de paradigme dans les entreprises, les nouveaux constructeurs chinois ont compris qu’ils devaient s’adapter pour rester dans la course. Les annonces ont été nombreuses ces derniers mois et, à ce jour, on ne dénombre pas moins de 13 projets d’usines sur le continent européen, dont 7 confirmés et 6 en négociation.
Au rythme actuel, les véhicules électriques éco-scorés devraient peser pour plus de 80 % des immatriculations BEV en entreprise en 2026. L’éco-score s’impose ainsi comme un standard industriel, fiscal et RSE, durablement inscrit au cœur des car policies(1).

(1)Politique automobile.
(2)VE= Véhicules Électriques / BEV = Véhicules 100 % Électriques.
(3)Taxe Annuelle Incitative.
(4)Total Cost of Ownership (Coût total de détention).