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Mondial de l'Auto 2026 : 6 tendances à retenir

Gestion 28 octobre 2026

Lecture : 3 min

Pour cette 91ᵉ édition du Mondial de l’Auto 2026, le public était au rendez-vous et la programmation n’a pas manqué de relief : concepts cars, nouveautés en série et une présence chinoise qui a dominé les débats. Avec 20 constructeurs sur place, sur les 60 que comptait le Salon, et 63 modèles présentés, l’industrie automobile chinoise affiche ses ambitions avec force. En contrepoint, quelques absences de poids : BMW, Mini, et la quasi-totalité des constructeurs japonais, hors Honda, ont choisi de ne pas exposer cette année. 
Tour d’horizon des 6 tendances à retenir.

1. L’offensive chinoise s’installe dans la durée

La présence des marques chinoises au Mondial est désormais structurelle : plus de 20 marques chinoises figuraient cette année parmi la soixantaine d’exposants, contre moins d’une dizaine en 2024(1). Et si certaines résonnaient déjà dans la tête des Européens, comme BYD, XPeng ou Zeekr, beaucoup ont découvert Li Auto ou encore Aito, Denza et Chery à travers des stands imposants. Ces acteurs ne testent plus le marché européen : ils s’y installent, bien souvent en s’adossant à des partenaires déjà en place. Leapmotor, qui distribue ses modèles via le réseau Stellantis depuis 2024, n’est plus un cas isolé : en mai, Dongfeng a signé avec Stellantis un protocole d’accord pour commercialiser sa marque haut de gamme Voyah sur plusieurs marchés européens, en s’appuyant sur le réseau du Groupe. D’autres misent sur les grands groupes de distribution. En France, Geely, arrivé fin avril, a déjà rallié 16 acteurs européens, parmi lesquels BYmyCAR et Maurin. Ces alliances ont changé de dimension : elles ne portent plus seulement sur la vente mais aussi sur la conception et la production en Europe. Opel a confirmé développer avec Leapmotor un SUV électrique qui sera produit à Saragosse, en Espagne, à l’horizon 2028. Chery a annoncé au Mondial la production du Jaecoo 5 électrique à Barcelone dès le début de 2027. 
L’enjeu est désormais de les évaluer sur des critères concrets : qualité du SAV, disponibilité des pièces, valeur résiduelle…

2. L’électrique arrive à maturité

Sur les neuf premiers mois de 2026, près de 360 000 voitures électriques ont été immatriculées en France, tous marchés confondus, soit déjà davantage que sur l’ensemble de l’année 2025 (environ 30 % du marché neuf, en progression de 74 % sur un an)(1). Sur le seul marché des entreprises, l’électrique représente 30,6 % des immatriculations de voitures particulières et VUL(2) à fin septembre, en hausse de 71,7 % en un an, selon l’Arval Mobility Observatory(3). 
Au Mondial, pas un stand sans une large offre de véhicules électriques, chaque constructeur mettant en avant ses ambitions : Renault avec son nouveau Trafic électrique, Peugeot avec l’E208 GTI, Citroën avec la future 2CV électrique prévue pour 2028, Mercedes qui vise en 2030 une offre majoritairement électrique. Chez Arval, le basculement est déjà tangible : 48 % des commandes de VUL sont désormais électriques rattrapant les quelque 57 % de VP électrifiés fin 2025(4). 

3. Côté innovation : plus d'utilité, moins de gadgets 

Les innovations présentées au Salon visent l’utilité immédiate plus que la seule démonstration de fonctionnalités planifiées pour un futur lointain. Peugeot explore le « steer by wire » sur son concept RCZ Vision avec la suppression du lien mécanique entre le volant et les roues. Concrètement, la direction est commandée électroniquement : à vitesse modérée, moins d’un tour de volant suffit là où un volant classique en demande trois, ce qui simplifie les manœuvres. Peugeot prévoit d’introduire ces technologies sur ses modèles de série à partir de 2027. 
Une première : le Salon a proposé des essais de conduite assistée avancée en circulation réelle, avec Tesla (FSD Supervised) et XPeng (NGP). Ces systèmes gèrent direction, accélération et freinage sous la surveillance du conducteur, mais ne sont pas encore autorisés en France. À la clôture du Mondial de l’Auto 2026, 6 000 essais ont été réalisés dont plus de 2 700(5) programmés en conduite automatique supervisée, illustrant la volonté des visiteurs de découvrir comment ces modèles répondent à leurs usages et besoins.
Côté recharge, BYD a frappé fort avec son nouvel Atto 8 : grâce à la technologie FLASH Charging, sa batterie passe de 10 à 70 % en cinq minutes, et de 10 à 97 % en neuf minutes. Le constructeur prévoit parallèlement de déployer 3 000 bornes en Europe d’ici fin 2027(6).

4. L’IA s’installe à bord

Cette innovation se prolonge dans l’habitacle, où l’intelligence artificielle s’installe de manière discrète mais profonde. Mercedes intègre des capteurs capables d’analyser en temps réel le niveau de stress ou de fatigue du conducteur, et d’adapter automatiquement l’ambiance du véhicule (éclairage, température, niveau sonore) pour favoriser un état de vigilance optimal. Garmin développe de son côté des bulles sonores individuelles, tandis que Renault explore des radios personnalisées selon le profil du conducteur. 
Au-delà du confort, l’IA devient un outil de prévention : en repérant les premiers signes de fatigue ou de stress, elle permet d’alerter le conducteur ou d’adapter l’habitacle avant que sa vigilance ne baisse, avec, à terme, un impact mesurable sur la sinistralité.

5. Le marché de l’occasion aussi au centre des attentions

Le programme des conférences proposé sur le Salon a également fait la part belle au marché de l'occasion et ses mutations au cœur de débats et d’interventions d'experts. Dans la tête des acteurs, le marché de l’occasion est l’un des enjeux à court terme puisque dès janvier 2027, environ 50 000 véhicules électriques issus du premier leasing social arriveront sur le marché de l'occasion, modifiant l'offre et l'accessibilité tarifaire. 
En septembre 2026, la progression de l’électrique dans le neuf se répercute dans une moindre mesure sur le marché de l’occasion, qui s’étoffe et se diversifie. C’est une double opportunité : une meilleure valeur résiduelle pour les véhicules en fin de cycle, et un vivier de remplacement plus large pour composer des flottes mixtes. 

6. Et une bonne dose de rêve…

Avec son design de coupé et son rayon d’action de 753 km, la berline Classe C électrique de Mercedes semble avoir marqué des points dans sa catégorie.
Le concept car de la future Citroën 2CV électrique est la voiture qui a le plus séduit les visiteurs français, plusieurs d’entre eux ayant fait le déplacement rien que pour elle. 
La Peugeot E-T16 Concept, avec son look radical et ses 816 chevaux électriques, a également séduit le public. 
Le Renault E-Space Concept, prototype de monospace futuriste, a également fait son petit effet. 
De son côté, Alpine a projeté les visiteurs dans une autre dimension avec son A310 Vision tout droit sorti d’un film de science-fiction.
 

visuel véhicule du mondial de l'auto

 

Le Mondial 2026 ne laisse plus de place au doute : la recomposition du secteur automobile est en marche, et elle s’accélère.

Sources : 
(1)https://www.huffingtonpost.fr/france/article/mondial-de-l-auto-a-paris-ces-chiffres-montrent-bien-comment-la-voiture-electrique-s-installe-toujours-un-peu-plus-en-france_336190.html
(2)Véhicules Utilitaires Légers
(3)https://www.mobility-observatory.arval.fr/bilan-marche-2026
(4)https://www.auto-infos.fr/article/en-france-arval-a-vu-les-vehicules-electrifies-representer-57-de-ses-commandes-en-2025.291145
(5)https://mondial.paris/actualites/auto-mondial/le-mondial-de-l-auto-2026-a-rassemble-518-372-visiteurs-autour-de-la-passion-automobile-99228.html
(6)https://media.byd.com/byd-devoile-le-nouvel-atto-8-equipe-de-la-technologie-flash-charging-au-mondial-de-lauto-2026/?lang=fra&media=image&page_media=1

 

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