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Le 15 septembre dernier, Arval consacrait un atelier à l’électrification des Véhicules Utilitaires Légers (VUL) au Fleet & Mobility Day. Avec des arguments de poids : les gammes s’élargissent, l’autonomie progresse et le TCO penche de plus en plus en faveur des utilitaires électriques. La transition devient ainsi pertinente pour de nombreux professionnels, à condition d’adopter une approche fondée sur les usages réels. Régis Masera, directeur de l’Arval Mobility Observatory et d’Arval Consulting France, nous donne les bons repères pour passer à l’action(2).
Selon le Baromètre des Flottes et de la Mobilité de l’Arval Mobility Observatory, 2026 est l’année du passage à l’échelle pour l’électrification des flottes de véhicules utilitaires légers.
Quels enseignements peut-on tirer de cette étude ?
Régis Masera : L’électrification des flottes de véhicules utilitaires légers prend de l’ampleur. C’est indéniable quand on regarde les résultats du baromètre : 26 % des entreprises françaises disposant de VUL roulent déjà en électrique ou prévoient de le faire d’ici trois ans. Pour les grandes entreprises, cette part s’élève à 37 %. Et à cet horizon, les entreprises estiment que les modèles 100 % électriques représenteront 15 % de leur flotte de VUL(1). La transition est certes moins rapide que pour les VP(1) mais elle s’affirme !
L’offre suit-elle ?
R.M : L’autonomie a nettement progressé : plusieurs grands VUL affichent plus de 400 km et les petits utilitaires tournent autour de 300 km. Mais les progrès ne s’arrêtent pas là, la recharge est plus rapide et l’offre de véhicules couvre davantage de volumes et de gabarits. Surtout, les plateformes intègrent des fonctions spécialement conçues pour les usages des professionnels, comme les batteries modulaires, les prises de force électriques ou la fonction V2L qui permet d’alimenter des outils depuis le véhicule.
Avec un choix aussi large, il semble impératif de bien analyser ses besoins pour sélectionner le bon véhicule…
R.M : Ce travail est indispensable. Il faut évaluer la mission du véhicule et viser l’autonomie dont on a besoin, pas l’autonomie maximale. On regarde le kilométrage quotidien, la charge transportée, le type de trajets, la fréquence des arrêts, les temps d’immobilisation et les solutions de recharge. Un utilitaire qui parcourt 80 à 120 km par jour et rentre chaque soir au dépôt n’a pas forcément besoin de 400 km d’autonomie, d’autant qu’une grosse batterie pèse plus lourd et coûte plus cher. Il s’agit de trouver l’équilibre entre performance, productivité et budget.
La recharge constitue-t-elle toujours un frein à l’adoption ?
R.M : Absolument. Selon le baromètre, c’est un frein pour 79 % des entreprises. Mais la tendance s’infléchit (-4 points en un an) notamment en raison d’une meilleure offre de solutions de recharge publique. Cependant la problématique de la recharge n’est pas uniquement liée aux infrastructures. Qu’elle se fasse sur site, au domicile des salariés ou sur le réseau public, elle doit s’intégrer à l’organisation de l’activité : planifier la recharge en fonction des arrêts prévus, adapter les tournées… Le sujet est à la fois technique, énergétique et managérial.
Quelle est, selon vous, la bonne méthode à adopter ?
R.M : L’infrastructure doit être adaptée aux besoins afin de garantir la disponibilité des véhicules, sans être surdimensionnée au risque d’alourdir la facture. Pour déterminer le bon calibrage, il faut croiser les profils de roulage, les temps de stationnement, la capacité électrique des sites et les besoins de recharge sur la route.
Côté financier, l’équation économique a-t-elle changé ?
R.M : Oui, et c’est une première : le TCO Scope 2026 donne l’avantage à l’électrique sur l’ensemble des lois de roulage, dans quatre comparatifs entre thermique et électrique sur six. Par exemple, le Peugeot e-Partner revient jusqu’à 18 % moins cher que son équivalent diesel. Ou encore, le TCO du Citroën ë-Jumpy est inférieur de 6,7 % à celui de son équivalent diesel sur 48 mois/60 000 km, et jusqu’à 16,6 % sur 48 mois/120 000 km.
Comment expliquer cette évolution ?
R.M : Il y a plusieurs facteurs : le renforcement du dispositif des CEE en faveur des véhicules utilitaires en juin 2026, la baisse des prix de certains modèles, le coût des carburants fossiles dans le contexte géopolitique actuel et les incitations réglementaires. Il serait caricatural d’en tirer une généralité : un TCO se calcule véhicule par véhicule, usage par usage et sur la durée de détention, mais c’est une tendance.
Pour finir, que conseillez-vous à un gestionnaire de flotte qui commence à électrifier sa flotte d’utilitaires ?
R.M : D’abord repérer où l’électrique peut être déployé sans nuire à la productivité. Un véhicule dont le roulage est prévisible et compatible avec la recharge constitue un bon candidat pour une première. Ensuite, pour aller plus loin, l’analyse des usages réels permet comme on l’a vu de dimensionner la flotte éligible et les besoins de recharge, au plus juste. Les données collectées sur les véhicules et disponibles dans les outils comme Arval Connect facilitent d’ailleurs la compréhension de ces usages. L’objectif étant de massifier au bon niveau, avoir la matière nécessaire pour accompagner l’électrification des cas les plus complexes, piloter la recharge et préparer les prochains axes d’optimisation des coûts…
Je recommande également de prévoir des changements d’organisation et l’accompagnement des conducteurs, puis d’analyser plusieurs scénarios possibles avant de déployer progressivement. C’est la logique des cinq étapes de la méthode STAR d’Arval Consulting : définir l’ambition, explorer les opportunités, concevoir le scénario adapté, déployer le plan d’actions et mesurer les résultats.
Retrouvez l’offre de véhicules utilitaires d’Arval >>
(1)VUL = Véhicules Utilitaires Légers/VP = Véhicules Particuliers.
(2)Le 15 septembre 2026, Régis Masera a co-animé l’atelier « VUL électriques : les clés pour passer à l’action » avec Barbara Gay, directrice Performance Actifs Auto, au Fleet & Mobility Day.