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En 2026, les gestionnaires de flottes devront composer avec une hausse mécanique, mais rarement explicitée, du coût des énergies. Carburants comme électricité seront impactés. En cause notamment : l’augmentation de l’enveloppe fixée par le gouvernement et consacrée aux Certificats d’Économie d’Énergie (CEE), passée de 6 à 8 milliards d’euros cette année. Ce changement réglementaire aura un impact financier très concret pour les entreprises et les conducteurs.
Explications…
Un surcoût de 5 à 6 centimes par litre de carburant
Les CEE fonctionnent selon le principe de « pollueur, payeur » : les énergéticiens (carburants, gaz, électricité) doivent financer des actions d’économies d’énergie. Mais faute d’argent « magique », ils répercutent très souvent ce coût directement sur leurs prix. Car il faut dire que les montants sont considérables. Au prix courant du certificat, cela représente plus de dix milliards d'euros par an.
Selon les estimations, les CEE représentaient déjà environ 11 centimes par litre de carburant en 2025. En 2026, cette part devrait passer à 15-17 centimes. L’Union française des industries pétrolières (Ufip) prévoit en effet une augmentation de 4 à 6 centimes du prix au litre d’essence et de gazole. « Les marges nettes des distributeurs étant de l’ordre de 1 à 2 centimes, il est certain que l’augmentation [de l’enveloppe des CEE] sera répercutée », précise son président, Olivier Gantois. Notons que depuis le 1er janvier 2026, on constate déjà une hausse de 6 centimes en moyenne sur les carburants.
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Exemple : |
L’électricité ne sera pas épargnée
Les CEE pèsent également sur le prix du kilowattheure. Engie et EDF ont confirmé que l’augmentation de leurs obligations en matière de CEE serait répercutée sur la facture des clients. La révision tarifaire, prévue en février, devrait donc intégrer une hausse de 3 à 4 % de la facture d’électricité selon les estimations. Les flottes électrifiées seront donc impactées… mais moins fortement qu’en thermique, la recharge pesant moins lourdement dans le TCO : 8,5 % pour un VP électrique et 14,7 % pour un VUL.
CEE, une efficacité réelle contestée
Au global, certains dressent un bilan nuancé du dispositif. L’association de défense des consommateurs, UFC-Que Choisir, estime que 40 % des CEE attribués ne correspondent pas à des économies réelles. La Cour des comptes dénonce aussi, de son côté, des fraudes massives et un dispositif « de plus en plus complexe », qu’elle qualifie « d’instable et couteux pour les ménages ». Il se pourrait donc que le système des CEE, dont une partie des bénéfices est captée par des intermédiaires, soit prochainement réformé comme le préconise fortement l’institution supérieur de contrôle.
