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Véhicules utilitaires électriques : ceux qui ont franchi le cap

Véhicule électrique 25 Mar 2026

Lecture : 3 min

 

Au Salon Flotauto 2026, la conférence « Les utilitaires électriques répondent-ils aux besoins métier ? » a réuni gestionnaires de flotte et experts mobilité autour d'un constat : derrière des chiffres d'équipement encore modestes, des entreprises démontrent qu'avec méthode, la transition est non seulement possible, mais avantageuse.

Un segment en progression malgré un contexte difficile

Fin février 2026, les immatriculations des véhicules d’entreprises affichent un net recul de l'ordre de 11 %, selon l'Arval Mobility Observatory (AMO). Dans ce contexte, les VUL* résistent mieux avec une baisse contenue autour de 4 %. 
La part de l'électrique, elle, progresse. « Fin février, la part des VUL* électriques dans les mises à la route atteint presque 13 %, soit deux points de plus que fin 2025 », signale Régis Masera, Directeur de l'AMO et du Consulting chez Arval France. Les constructeurs accélèrent les investissements sur ce segment avec de nouvelles générations de modèles dont l’autonomie et le temps de recharge se sont améliorés. Et les exemples de transitions réussies se multiplient : Carglass a électrifié près de 100 % de ses 400 VUL* ; EDF exploite déjà plus de 5 000 VUL* électriques sur un parc de 23 000, avec un objectif de 80 % à l'échelle mondiale d'ici fin 2030.

Adapter le véhicule à l’activité, ou l’inverse ?

Parce qu'elle implique des changements d'habitudes, l'électrification ne se décrète pas, elle se prépare. Mais il n'existe pas de recette universelle, c’est ce que nous ont montré les intervenants autour de la table. 

Chez Carglass, les tournées ont été réorganisées pour s’adapter aux capacités de recharge des véhicules, en s'appuyant sur la télématique et l'analyse des données de roulage : « Nous avons repositionné les rendez-vous clients par zone d'intervention. Résultat : les tournées sont plus cohérentes, les distances ont baissé, et on a moins de kilomètres parcourus par intervention », décrit Mourad Fellah, Responsable de la gestion du parc automobile de Carglass.

Chez EDF, où les tournées étaient déjà optimisées, la démarche a été construite à l’inverse : trouver des solutions de véhicule et de recharge (sur site et à domicile) qui s'adaptent aux tournées sans les perturber. « Aujourd'hui, 80 % de nos cas d'usage sont couverts par des solutions 100 % électriques, véhicule et recharge associés », explique Pascal Pavard, Chef de projet EV100 au sein du groupe EDF.

Un principe fait consensus : ne pas attendre la solution parfaite pour commencer. « Entre 10 et 20 % des cas d'usage sont déjà parfaitement compatibles (avec le véhicule utilitaire électrique), dans tous les métiers. Alors commençons par les plus faciles », plaide Régis Masera, en rappelant que les premiers utilisateurs convertis deviennent naturellement des prescripteurs auprès de leurs homologues. 

Sur le confort de conduite, les retours convergent aussi. « Moins de vibrations, moins de bruit, pas d'embrayage, des habitacles agréables et moins de fatigue : les conducteurs sont unanimes », témoigne Alexis Raillard, dirigeant de Transeco. David Leva, Responsable du parc automobile de Champigny-sur-Marne, va plus loin : « Cette amélioration du bien-être des conducteurs participe aussi à l'efficience de l'entreprise.»

Recharge et dimensionnement font aussi partie de la stratégie

Sur la question de la recharge, tous reconnaissent que ce n’est pas un détail logistique. 
Carglass a équipé ses centres de bornes 7,4 kW pour une charge nocturne systématique sur site. Transeco pratique la charge lente en dépôt : « J'ai les coûts de kilowattheure les plus bas qui soient, 14 centimes. C'est là que le TCO se construit », affirme Alexis Raillard. EDF, fort de 23 000 points de charge sur 2 000 sites dans le monde, a déployé la recharge à domicile pour débloquer des situations où la recharge sur site uniquement n’était pas possible. 

L'autre levier, moins évident néanmoins, est le redimensionnement du véhicule lui-même. Les nouveaux aménagements intérieurs (matériaux allégés, configurations modulaires) permettent de travailler dans des volumes réduits et donc de pouvoir dans certains cas descendre d'une catégorie. « Or, descendre d'une catégorie dans les véhicules utilitaires représente un gain de l'ordre de 20 % sur le TCO (coût total de possession) », précise Régis Masera.

L’électrique devient un atout comptable

Sur la question du coût total de possession (TCO), les chiffres sont en effet sans équivoque. Alexis Raillard enregistre une économie de 25 % : « un véhicule thermique me coûte 10 euros de l’heure ; un électrique, 7,50 euros, avec la même productivité ».
EDF, avec désormais 10 ans de recul, constate que l’écart de coût de maintenance entre électrique et thermique « se creuse avec le temps, en faveur de l’électrique ». Pascal Pavard chiffre l’avantage : le taux de panne des VUL électriques est deux à trois fois inférieur à celui des thermiques. 

« Le marché se transforme. Et, grâce aux nouvelles technologies, tant sur les véhicules que sur leurs aménagements, les cas d’usage favorables à l’électrique vont se multiplier », conclut Régis Masera qui souligne l’importance désormais cruciale de s'assurer d'avoir le bon format de véhicule pour le bon métier. 
 

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*Véhicules Utilitaires Légers.

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