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Secteur public : les avancées en matière de mobilités

Véhicule électrique 23 Septembre 2026

Lecture : 3 min

 

Comment l’État fait-il évoluer les déplacements de ses collaborateurs et agents ? Publié le 20 juillet 2026, le Bilan interministériel 2025 des « Services publics écoresponsables » passe en revue les avancées des établissements publics. Il met en lumière des initiatives dont les gestionnaires de flottes et de mobilités peuvent s’inspirer.

Le verdissement des flottes publiques s'accélère

La feuille de route renforcée par la loi Climat et Résilience de 2021 est bien connue. Pour l'État et ses établissements publics gérant plus de 20 véhicules légers, elle impose 50 % de véhicules à faibles émissions parmi les renouvellements jusqu'à fin 2026, puis 70 % dès 2027, avec un plancher de 37,4 % de véhicules à très faibles émissions depuis cette année.
L'accélération est déjà programmée depuis la circulaire du 9 juin 2026 prévoyant qu'à compter du 1er janvier 2027, 100 % des VP* et VUL** acquis par l'État soient électriques dès que les conditions opérationnelles le permettent.
Selon ce dernier Bilan interministériel « Services publics écoresponsables »,
25,3 % des véhicules acquis par l'État à fin 2025 étaient à faibles ou très faibles émissions, soit la moitié de l’objectif, avec des disparités.

Sur le terrain, l'électrification est déjà engagée

Pour certains établissements, le verdissement des flottes est déjà bien engagé : à 93 % au sein de l’Établissement public foncier PACA ou à 79 % pour le Port autonome de Strasbourg, jusqu’à 100 % de véhicules légers électriques ou hybrides pour la flotte du Grand port maritime de La Rochelle. D’autres ont opté pour une mise en place progressive : dans l'Aude, l'administration territoriale de l'État a signé un plan visant à réduire de moitié ses véhicules polluants d'ici 2030. L’électrification avance et se construit pas à pas.
Un mouvement qui concerne parallèlement les infrastructures de recharge : 4 457 nouveaux points ont été installés en 2025, portant leur nombre total à 17 203, soit déjà autant de bornes que les 17 034 véhicules à faibles émissions recensés dans le parc.

Des arbitrages aussi guidés par le ROI

Les économies générées constituent également un levier d’accélération de la transition. Entre 2022 et 2025, la consommation de carburant de l'État a par exemple baissé de 8,09 % (cible de 10 % en 2027). 
Pour éclairer ses décisions de renouvellement, le ministère de la Justice a même comparé sur 10 ans le coût complet d’une flotte thermique et celui d’une flotte électrique en prenant en compte l’achat, l’énergie, l’entretien, les pneumatiques, l’assurance et la valeur résiduelle. Sur le « match » Citroën C3 essence versus ë-C3 électrique, le surcoût de 5 000 euros à l’achat est compensé par une économie de 5 000 à 6 300 euros à l’usage (selon le prix du carburant). Le ROI est ainsi estimé à cinq ans, hors bornes de recharge. Les perspectives d’économies générées à moyen terme sont autant d’arguments pour orienter les investissements vers l’électrique.

Mais les véhicules électriques doivent rouler plus

Le bilan souligne néanmoins un enjeu : les VE*** publics parcourent encore peu de kilomètres, environ 6 000 par an. Augmenter leur utilisation constitue donc un levier à la fois économique et écologique supplémentaire. Pour cela, la piste de la mutualisation s’impose. Sur les 32 089 véhicules gérés dans Odrive (le logiciel de gestion de parc des services de l’État), seuls 27 % sont réservables en ligne. Et quand un véhicule est réservé, il transporte en moyenne 1,31 passager, pour une cible fixée à 1,7. Autrement dit, l'outil existe, l'usage peut être encore optimisé.

Les mobilités douces font désormais partie de l’équation

Au-delà de la décarbonation des flottes publiques, les auteurs du rapport interministériel se sont intéressés aux nouvelles formes de déplacements : plans de mobilité, vélo, covoiturage, report modal. Avec des résultats encourageants : 84 % des services sont engagés dans une démarche de plan de mobilité et 74 % l'ont finalisée. Le forfait mobilités durables touche 12,1 % des agents (contre 5,7 % en 2022) et se rapproche de la cible des 20 % en 2027. 54 % des sites sont équipés de stationnements vélo sécurisés avec un objectif de 100 % d'ici 2027. Le covoiturage, lui, continue de marquer des points, avec de très belles réussites, comme Aix-Marseille Université qui enregistre 459 000 km « covoiturés » et 145 tonnes de CO2 évitées en 2025.

Le bilan montre ainsi la diversité des initiatives engagées qui commencent à porter leurs fruits. Autant de pistes que toutes les collectivités et entreprises publiques peuvent adapter à leurs propres usages et contraintes. 
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*VP : Véhicules Particuliers.
**VUL : Véhicules Utilitaires Légers.
***VE : Véhicules Électriques.

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